10 autres représentations de la mort dans le mythe, la légende et le conte populaire
La mort fait partie de la vie, mais cela ne signifie pas qu’elle ne soit pas un concept terrifiant. Presque toutes les cultures ont cherché à apaiser les craintes liées à cette facette inquiétante mais nécessaire de l’existence en créant des mythes et des légendes qui expliquent ce qui se passe dans l’au-delà. Vous avez déjà entendu parler de psychopompes paranormaux comme la Faucheuse et le Baron Samedi, de spectres surnaturels comme la Banshee et le Cú Sìth, ainsi que d’anges et de dieux de la mort. Mais il en existe encore tant d’autres. Certains apaisent, tandis que d’autres terrifient — et tout ce qui se situe entre les deux. Poursuivez votre lecture pour découvrir 10 autres représentations de la mort issues de la mythologie et des légendes.
Sommaire
10 Ankou – Le Gardien des Tombes
L’Ankou éternel et maudit erre dans l’ouest de la France, notamment en Bretagne, collectant les âmes et les guidant vers l’au-delà. Son apparence squelettique inquiète les malheureux passants alors qu’il transporte les âmes dans une charrette grinçante tirée par des chevaux noirs. Vêtu d’un manteau à capuche noire ou de bottes poussiéreuses avec un chapeau à large bord capable d’ombrager toute une procession funéraire, les yeux creux d’Ankou et sa faux tranchante achèvent une image criant la mort incarnée.
Malgré son allure inquiétante, Ankou n’est pas malveillant. Chaque village aurait son propre Ankou, qui ne sert que de guide entre les mondes. Selon certaines traditions bretonnes, la première personne à mourir dans un village devient l’Ankou pour l’année à venir ; dans d’autres, c’est le dernier. Quoi qu’il en soit, il maintient le cycle de la vie et de la mort.
Un conte populaire raconte d’un jeune homme qui se moqua de l’Ankou en passant. Quelques instants plus tard, le jeune se retrouva assis dans la charrette de la mort parmi les âmes. L’Ankou lui dit : “Je collectionne les anciens pour faire place aux jeunes.” Averti, le jeune homme fut restitué à la vie — désormais humble et à jamais changé.
9 Le Dullahan – Annonceur de Mort
Une des figures les plus hantées de la mythologie celtique est le Dullahan, un cavalier sans tête et annonceur de mort. Il chevauche un immense cheval noir, tenant sa propre tête tranchée sous un bras, son sourire hideux s’étirant d’oreille à oreille, ses yeux brillant comme des charbons dans la nuit.
Le Dullahan n’apparaît que dans l’obscurité. Son arrivée est précédée d’un froid soudain, de sabots frappant le sol et d’une ombre surnaturelle semblant engloutir la lumière de la lune. Bien qu’il soit parfois décrit comme un messager neutre du destin, beaucoup le craignent comme un esprit vengeur et inlassable.
Selon la légende, si le Dullahan appelle le nom de quelqu’un, la mort de cette personne est certaine. Les gens se protégeaient traditionnellement en plaçant de l’or près de leurs portes et fenêtres — l’une des rares choses que le Dullahan éviterait. Son fouet, fabriqué à partir d’une colonne vertébrale humaine dans certaines histoires, inspire la peur à quiconque ose croiser son chemin.
8 Mictecacihuatl – Déesse de la Mort
La légende aztèque lie la naissance de Mictecacihuatl — connue sous le nom de Dame des Morts — à la création même du monde. Aux côtés de son mari, Mictlantecuhtli, elle règne sur Mictlan, le royaume des morts des Aztèques. Alors qu’il applique les lois du monde souterrain, Mictecacihuatl incarne la compassion et la protection des défunts.
Elle aide à guider les âmes à travers les neuf niveaux périlleux de Mictlan, où le voyage peut prendre des années à se compléter. Son visage en forme de crâne et ses vêtements sombres symbolisent son pouvoir sur la mort, mais elle porte également des motifs associés à la lune et à la renaissance, tels que les adornements de coyolxauhqui visibles dans certaines représentations.
7 Thanatos – Dieu de la Mort
Thanatos, dont le nom signifie littéralement “mort” en grec, est l’ancien dieu de la mort paisible et naturelle. Il apparaît au moment du passage pour guider doucement l’esprit d’une personne vers l’au-delà. Il ne peut être soudoyé ou retardé et résiste aux tentatives de tricher sur la mortalité, bien que quelques mythes, comme l’histoire de Sisyphe, décrivent des exceptions rares.
Dans l’art classique, Thanatos est représenté non pas comme un squelette mais comme un jeune homme ailé et beau tenant une torche inversée (symbolisant une vie éteinte) ou des pavots, associés au sommeil et au repos éternel. Les représentations ultérieures, notamment dans les médias modernes, le traitent parfois comme une figure de la Faucheuse, mais les Grecs le considéraient comme digne et serein.
6 Owuo – Esprit de la Mort
Owuo est l’esprit de la mort dans la tradition Akan, trouvé dans les régions du Ghana et de la Côte d’Ivoire. Selon le mythe, les humains étaient originellement immortels — jusqu’à ce que Nyame, le créateur suprême, décide que la vie devait avoir une fin et donne naissance à Owuo. Contrairement à de nombreuses divinités de la mort, Owuo ne juge pas les âmes ; il les escorte simplement vers Saman, le monde des ancêtres.
L’apparence d’Owuo varie énormément. Certains disent qu’il est une présence noire et informe ressentie seulement à travers ses actions. D’autres le décrivent comme une ombre changeante associée au rouge et au noir, aux crânes, aux vautours, et à la décomposition naturelle qui accompagne la mort. Il est la force guidant les vivants vers leurs familles dans l’au-delà.
5 Izanami – Déesse de Yomi
Dans la mythologie japonaise, Izanami et son mari, Izanagi, furent parmi les premiers dieux à émerger lors de la création du monde. Ensemble, ils formèrent les îles du Japon et donnèrent naissance à de nombreux dieux de la nature, du feu et des éléments. Leur séparation tragique commença lorsque Izanami mourut en mettant au monde Kagutsuchi, le dieu du feu.
Le cœur lourd, Izanagi descendit dans Yomi — le pays des morts — pour la récupérer. Mais Izanami avait déjà mangé la nourriture de l’au-delà, la liant à jamais à celui-ci. Lorsque Izanagi vit son cadavre, envahi de larves et entouré d’esprits du tonnerre, il s’enfuit dans l’horreur, scellant l’entrée de Yomi derrière lui. Izanami devint alors reine du royaume des morts et arbitre des âmes.
4 Malak al-Mawt – Ange de la Mort
Dans la tradition islamique, quatre archanges jouent des rôles majeurs : Michael, Gabriel, Israfil, et l’ange de la mort, connu sous le nom de Malak al-Mawt. Il récolte les âmes selon le décret de Dieu plutôt que par jugement personnel. Les anciennes sources disent qu’il reçoit une liste des décès destinés pour l’année peu avant le Ramadan, exécutant chaque rendez-vous exactement comme écrit.
Souvent représenté comme solennel et vaste, Malak al-Mawt apparaît au moment de la mort pour escorter les âmes vers le monde suivant. Certaines traditions disent qu’il assiste également à l’interrogatoire des âmes après la mort. Une citation bien connue qui lui est attribuée est “Il n’y a pas un seul foyer à l’Est ou à l’Ouest que je ne visite cinq fois par jour,” soulignant sa présence constante.
3 Ammit – Dévoreuse des Morts
Ammit est l’un des êtres les plus terrifiants de l’ancienne religion égyptienne. Connue sous le nom de Dévoreuse, elle a la tête d’un crocodile, le torse d’un lion ou d’un léopard, et l’arrière-train d’une hippopotame — trois des animaux les plus dangereux d’Égypte combinés en un redoutable gardien de la justice.
Dans la Salle des Deux Vérités, le défunt subit la cérémonie du “pesage du cœur”. Anubis place le cœur d’un côté de la balance et la plume de Ma’at — représentant la vérité et la justice — de l’autre. Si le cœur est plus léger, l’âme peut entrer au paradis. Mais si plus lourd, Ammit attaque pour le dévorer.
Certaines traditions disent que l’âme consommée est entièrement détruite ; d’autres affirment que la personne devient un esprit errant, piégé dans un trouble éternel. Malgré son terrible rôle, Ammit n’est pas malveillante — elle est une exécutrice de l’ordre cosmique, attendant avec impatience qu’Anubis lui jette les cœurs des indignes.
2 Le Fetch – Messager de la Mort
La légende irlandaise parle du Fetch, un double spectral qui apparaît comme le parfait sosie d’une personne vivante — sauf pour une différence subtile mais indiscutable. Il se déplace d’un fractionnement trop lent, ou ses traits se brouillent comme un reflet dans l’eau sombre, ou sa voix semble empruntée à un rêve s’estompant. Une fois vu, son message est clair : la mort est proche.
Le Fetch n’est pas malicieux. Son rôle est uniquement d’avertir. Après avoir délivré son ombre silencieuse, il se dissout dans le néant et n’apparaît jamais à nouveau. De cette façon, il se distingue de nombreux esprits mortels, agissant davantage comme un messager que comme un tourmenteur.
1 Morana – Déesse de la Mort
Morana — également connue sous le nom de Marzanna ou Morena — est la déesse slave de l’hiver, de la mort et des cauchemars. Dans le mythe, elle conduit les âmes du monde des vivants vers le royaume de Nav, le royaume des morts slaves. Mais elle tourmente également les mortels dans leurs rêves, apportant maladie, folie et malchance à ceux qui croisent son chemin.
Elle apparaît sous de nombreuses formes : une femme pâle, fantomatique avec des yeux creux et des cheveux emmêlés qui reflètent son pouvoir destructeur, ou une figure grande et belle vêtue de rouge et de noir. Sa dualité reflète la nature même de l’hiver — silencieuse et belle, mais impitoyable.
Dans la tradition folklorique slave, les villages brûlaient ou faisaient couler des effigies de paille de Morana à la fin de l’hiver pour accueillir le printemps, bannissant symboliquement la mort et l’obscurité. Mais le mythe avertit que la déesse ne part jamais pour longtemps. Elle commande les messagers de la mort et rappelle aux mortels sa présence éternelle — surtout à ceux assez audacieux pour oublier son pouvoir.




