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10 technologies fongiques futuristes

Les champignons sont miraculeux. Ils nous fournissent de la nourriture, de l’alcool, des médicaments, et la décomposition essentielle qui maintient la vie. Pourtant, leur potentiel pourrait être bien plus grand. Les champignons peuvent être transformés en puces informatiques, en bio-batteries, en cartes de circuits, en isolants, en matériaux de construction auto-réparants, et en vêtements réactifs. Ils peuvent même dévorer le plastique, absorber des métaux lourds et purifier la pollution.

Ne vous y trompez pas : l’avenir est fongique.

10 Ordinateurs

Non seulement les champignons shiitake sont délicieux, mais ils pourraient aussi être la prochaine avancée en informatique. En octobre 2025, des chercheurs de l’Université d’État de l’Ohio ont annoncé que ces champignons pourraient servir de dispositifs de mémoire organiques. Des champignons matures ont été séchés pour la conservation et fixés à des circuits personnalisés. Les champignons ont ensuite été exposés à des courants électriques variés. L’équipe a découvert que la RAM à base de champignons pouvait changer d’état électrique à la vitesse incroyable de 5 850 fois par seconde avec une précision de 90 %, imitant l’action des semi-conducteurs. Les champignons ont moins bienPerformé à des fréquences plus élevées, mais la stabilité augmentait lorsque des champignons individuels étaient connectés ensemble, reflétant le comportement des neurones humains.

Le chercheur principal, John LaRocco, souligne que l’électronique fongique n’est pas entièrement nouvelle, mais son potentiel pour l’informatique durable est révolutionnaire. Les matériaux fongiques sont peu coûteux, biodégradables et requièrent moins d’énergie pour leur production. Ils pourraient éliminer les déchets électroniques et réduire la dépendance aux minéraux des terres rares. Bien que les puces fongiques soient actuellement plus lentes que le silicium, les chercheurs envisagent leur utilisation dans la recherche aérospatiale, l’informatique en périphérie et les dispositifs portables.

9 Champignons dévoreurs de plastique

Nous avons un problème de plastique. Il y a un siècle, le plastique a été introduit comme un matériau miracle bon marché et durable. Aujourd’hui, il étouffe les décharges et décime la vie océanique. Nous produisons plus de 440 millions de tonnes de plastique chaque année, et une énorme part devient des déchets. Les champignons pourraient offrir une solution.

En 2011, des étudiants de l’Université de Yale ont fait une découverte remarquable dans la forêt amazonienne équatorienne : un champignon capable de survivre en mangeant du plastique. Pestalotiopsis microspora peut se nourrir de polyuréthane comme seule source d’énergie et prospérer dans des environnements riches ou pauvre en oxygène, comme les décharges.

Il n’est pas seul. En 2017, des scientifiques ont trouvé une autre espèce, Aspergillus tubingensis, capable de décomposer le polyuréthane en quelques semaines. En 2024, des chercheurs ont découvert Parengyodontium alum vivant dans le Grand Vortex de Plastique du Pacifique, capable de digérer le polyéthylène exposé aux UV. Collectivement, ces champignons indiquent un futur où la pollution plastique pourrait être naturellement décomposée plutôt que de persister pendant des siècles.

8 Isolation

Les champignons pourraient également détenir la clé pour des maisons plus écologiques. Cultivés sur des déchets agricoles, les filaments fongiques—ou mycélium—peuvent être façonnés en blocs similaires à de la mousse qui rivalisent avec la fibre de verre ou la laine minérale pour l’isolation. Ces blocs sont légers, naturellement résistants au feu, et possèdent d’impressionnantes propriétés acoustiques et thermiques. Ils sont également négatifs en carbone, entièrement biodégradables, et nécessitent beaucoup moins d’énergie pour leur production.

En Alaska, où les températures peuvent varier de −78°F (−61°C) en hiver à 100°F (38°C) en été, le mycologue Philipe Amstislavski a développé une isolation fongique utilisant des espèces locales cultivées sur de la pâte de bois. Les méthodes d’isolation traditionnelles, souligne-t-il, consistent essentiellement à “envelopper votre maison dans un sac en plastique.” Les matériaux à base de mycélium de son équipe ont résisté à neuf ans d’essais sans moisissure, offrant une isolation perméable qui améliore la qualité de l’air. Des recherches supplémentaires sont en cours pour déterminer la durabilité à long terme, mais les résultats jusqu’à présent semblent prometteurs.

7 Mycorémédiation

Les champignons peuvent dévorer la pollution. Le processus, connu sous le nom de mycorémédiation, repose sur des enzymes digestives sécrétées par les champignons pour décomposer des produits chimiques toxiques tels que les pesticides et les pétroliers. Ils peuvent même absorber des métaux lourds comme le plomb, le mercure et le cadmium.

Le concept remonte à 1963, lorsque The Journal of Phytopathology a publié des recherches sur la capacité des champignons à décomposer les chlorophénols. Cette même année, des chercheurs du gouvernement américain, Catherine Duncan et Flora Deverall, ont exploré des utilisations similaires pour des champignons décomposant le bois.

Des études modernes ont confirmé l’efficacité des champignons. Les projets de friches urbaines de la chercheuse Danielle Stevenson à Los Angeles ont vu les polluants hydrocarbonés diminuer de 50 % en trois mois et les métaux lourds réduits jusqu’à 50 % en un an. Les champignons huitres, quant à eux, ont été utilisés pour nettoyer des déversements de diesel et filtrer des eaux de ruissellement contaminées. Bien que les champignons eux-mêmes deviennent toxiques et ne puissent pas être consommés, leur capacité à restaurer des terres polluées est extraordinaire.

6 Cuir

Le traitement du cuir animal est coûteux et nuisible à l’environnement, tandis que la plupart des cuirs synthétiques dépendent des combustibles fossiles. Les champignons offrent une alternative plus propre. Le secret réside dans le mycélium, la structure racinaire en filaments qui forme des tapis denses sur des substrats organiques. Une fois compressés et traités, ces tapis ressemblent au cuir en texture et en durabilité. Certains peuvent même “réparer” de petites perforations lorsqu’ils sont trempés dans un bain de nutriments qui réactive les fibres vivantes.

Le cuir de mycélium est biodégradable et rentable. Il est produit à partir de déchets agricoles tels que les épis de maïs et les sciures de bois, évitant les toxines et le gaspillage d’eau liés au tannage. Des études montrent que son empreinte carbone est plus de 90 % inférieure à celle du cuir traditionnel. Des marques majeures comme Hermès, Stella McCartney et Calvin Klein ont collaboré avec des entreprises produisant ces cuirs fongiques, telles que MycoWorks et Bolt Threads. Le marché mondial du cuir à base de champignon a atteint 12 millions de dollars en 2024 et pourrait dépasser 300 millions de dollars d’ici 2033.

5 Batteries

En janvier 2025, des chercheurs suisses ont annoncé une bio-batterie biodégradable entièrement alimentée par des champignons. Le dispositif imprimé en 3D utilise le métabolisme complémentaire de deux espèces fongiques : la levure à l’anode et le champignon blanc à la cathode. Lorsque des sucres sont ajoutés, le métabolisme de la levure produit des électrons qui circulent vers le champignon blanc, générant un courant électrique.

Pour construire les batteries, les cellules fongiques sont mélangées avec des particules de carbone et de l’encre pour améliorer la conductivité, puis imprimées couche par couche. Une fois sèches, elles peuvent être activées simplement en ajoutant de l’eau et des nutriments. Lorsqu’elles sont usées, elles peuvent être compostées sans nuire à l’environnement.

Bien que ces batteries produisent actuellement une modeste tension de 0,3 volts—suffisante pour alimenter des capteurs pendant plusieurs jours—elles pourraient jouer un rôle essentiel dans la surveillance environnementale et l’électronique à faible consommation d’énergie.

4 Semelles intérieures

La mycose des pieds est généralement quelque chose à éviter, ou pas ? Les semelles fongiques représentent une technologie biowearable de pointe fabriquée à partir de mycélium. Contrairement aux semelles standards, ces versions fongiques intelligentes peuvent détecter des changements d’humidité, de charge et de mouvement tout en générant leur propre électricité.

Parce que les réseaux fongiques conduisent naturellement des signaux électriques, ils peuvent détecter la pression et le mouvement, s’ajustant en temps réel. Cela a des applications potentielles dans la performance sportive, la correction de posture, et même le diagnostic médical pour des conditions telles que la maladie de Parkinson.

Les semelles sont fabriquées en permettant à Pleurotus ostreatus (champignon huitre) de coloniser un substrat. Les semelles traditionnelles en mousse pétrochimique ne peuvent rivaliser avec leur durabilité—ni leur capacité à se réparer. Le plus grand défi reste de garder les champignons suffisamment humides pour fonctionner sans mouiller les chaussures de l’utilisateur.

3 Garder les aliments frais avec des champignons

Vous voulez garder les aliments frais ? Essayez les champignons. En 2025, des chercheurs de l’Université du Maine ont créé un film étanche et alimentaire à partir de champignons comestibles qui pourrait remplacer les plastiques à usage unique.

L’équipe a combiné des champignons de queue de dinde avec une solution nutritive de fibres végétales, appliquant le mélange sur du denim, du polyester, du feutre, et du papier. Après quatre jours, les matériaux traités repoussaient l’eau, l’huile et la graisse, tandis que les échantillons non traités absorbaient immédiatement l’humidité.

Le revêtement, composé de mycélium de Trametes versicolor, forme une couche aussi fine qu’une couche de peinture mais tout aussi efficace. Selon la chercheuse Catherine Howell, le mélange de cellulose et de mycélium peut même être pulvérisé sur des surfaces 3D telles que des tasses ou des plateaux. À l’avenir, des revêtements fongiques écologiques pourraient protéger les emballages alimentaires sans déchet plastique.

2 Cartes de circuits

Chaque jour, le monde produit plus de 140 000 tonnes de déchets électroniques. Pour lutter contre cela, des chercheurs de l’Université Johannes Kepler en Autriche ont exploré l’utilisation de champignons pour fabriquer des cartes de circuits biodégradables.

En étudiant des matériaux isolants, un doctorant a découvert que le champignon de bracket Ganoderma lucidum développe une “peau” dure sur son substrat. Lorsqu’elle est pelée et séchée, la peau forme des feuilles flexibles et résistantes à la chaleur ressemblant à du parchemin. Les chercheurs ont utilisé des couches d’or et de cuivre pour imprimer des circuits sur la peau fongique, puis ont gravé l’excès avec des lasers, ne laissant que des voies conductrices.

Ces cartes à base de champignons peuvent résister à des températures supérieures à 392°F (200°C) et se décomposer en toute sécurité après élimination. Elles offrent une alternative durable aux équipements électroniques traditionnels à base de plastique—et pourraient aider à réduire notre crise croissante des déchets électroniques.

1 Béton auto-réparant

Le béton se fissure. Même de petites fissures peuvent provoquer des défaillances catastrophiques dans l’infrastructure. En 2018, des chercheurs des Universités Rutgers et Binghamton ont proposé une solution surprenante : un champignon qui répare le béton de l’intérieur.

En intégrant des spores dormantes de Trichoderma reesei et des nutriments dans le mélange de béton, l’équipe a découvert que l’eau et l’oxygène pénétrant dans une fissure réveille le champignon. Au fur et à mesure de sa croissance, il précipite du carbonate de calcium (CaCO₃), scellant les dommages avant de redevenir dormant.

Cette technique peut réparer des fissures jusqu’à 0,2 pouce (5 mm) de large—plus grandes que toute méthode bactérienne à ce jour. Étant donné que les champignons sont plus résilients que les bactéries, ils peuvent survivre dans du béton dur et sec pendant des années. S’ils étaient adoptés à grande échelle, le béton auto-réparant à base de champignons pourrait prolonger la durée de vie des ponts, des barrages et des centrales électriques, réduisant considérablement les coûts de maintenance.

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