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10 choses que les humains sont étrangement mauvais à prédire

Les humains aiment se penser comme des créatures rationnelles et tournées vers l’avenir. Pourtant, lorsqu’il s’agit de prédire l’avenir – même le nôtre – nous nous trompons souvent de manière risible. Des choix personnels aux crises mondiales, nos cerveaux sont programmés avec des raccourcis cognitifs et des biais émotionnels qui nous amènent à sous-estimer, à surestimer ou à mal juger la réalité. Parfois, l’erreur est minime. D’autres fois, elle est dévastatrice.

Voici dix choses que les humains ont la réputation de ne pas bien prédire, malgré des siècles d’essais.

10 La durée des tâches

Que ce soit pour écrire un document, construire une maison ou simplement nettoyer le garage, les gens sous-estiment presque toujours combien de temps une tâche prendra, même s’ils l’ont déjà faite auparavant. Ce biais mental est appelé la “biais de planification”, un terme inventé par Daniel Kahneman et Amos Tversky en 1979. Ce qui est particulièrement étrange, c’est que même lorsque nous sommes pleinement conscients de nos erreurs passées, nous avons tendance à croire que “cette fois-ci sera différente”. C’est une forme d’optimisme irrationnel qui pousse les individus, les gouvernements et les entreprises à trop promettre et à sous-livrer sur tout, des projets personnels aux infrastructures de plusieurs milliards de dollars.

9 Ce qui nous rendra heureux

La prévision affective – la capacité de prédire comment nous nous sentirons à l’avenir – est quelque chose que les humains se trompent systématiquement. Nous supposons qu’obtenir une augmentation nous apportera une joie à long terme, qu’une rupture nous détruira, ou qu’un voyage de rêve rehaussera définitivement notre humeur. En réalité, les gens s’adaptent rapidement aussi bien aux événements positifs que négatifs, un phénomène connu sous le nom de “tapis de l’hédonisme”. Cette tendance à revenir à un niveau de bonheur de base se produit après des hauts et des bas émotionnels.

8 Aléatoire et probabilité

Lorsqu’on demande aux gens de générer une séquence aléatoire ou d’évaluer des chances, ils ont tendance à voir des motifs là où il n’y en a pas. La “biais du joueur” – la croyance qu’une suite de pertes rend une victoire “due” – a été observée dans les casinos, les paris sportifs et même au sein des décisions judiciaires. Ce biais a des conséquences énormes. Dans les marchés financiers, les investisseurs poursuivent des tendances, croient aux mains chaudes et paniquent face aux “corrections” qui peuvent être du bruit statistique.

7 Comment nous réagirons sous pression

Demander à quelqu’un comment il se comporterait en situation de crise – comme une urgence aérienne, un discours public ou une confrontation violente – amène généralement à une version idéalisée de lui-même. En pratique, nos réponses au stress sont hautement imprévisibles.

6 Combien de choses nous aurons besoin ou utiliserons

Nous imaginons souvent nos futurs “moi” comme étant beaucoup plus productifs, organisés et variés qu’ils ne s’avèrent l’être. Cela explique pourquoi nous faisons le plein d’épicerie que nous ne finissons pas, surchargons nos valises ou achetons du matériel de sport que nous ne touchons jamais. Les psychologues appellent cela le “biais de projection” – l’hypothèse que nos préférences et sentiments actuels continueront dans le futur.

5 Notre propre comportement futur

Nous sommes étonnamment confiants quant à notre capacité à prédire comment nous agirons demain, la semaine prochaine ou dans un an – même si nous nous trompons régulièrement. Cela est alimenté par ce que les psychologues appellent le “écart d’empathie”. Nous supposons que nos futurs “moi” auront la même motivation, énergie et valeurs que nous dans le présent.

4 Le rythme du changement à long terme

Les humains fonctionnent avec un biais d’immédiateté – nous attendons un grand changement rapide et considérons le changement graduel comme négligeable. Cela conduit à deux erreurs simultanées : surestimer les technologies à court terme et sous-estimer les transformations à long terme.

3 Ce que les autres pensent

La plupart des gens pensent avoir une assez bonne idée de ce que les autres pensent d’eux. Cependant, la recherche en psychologie sociale a montré que les gens sont terriblement mauvais pour lire les pensées des autres, y compris celles des amis et des partenaires.

2 Crises mondiales et leurs impacts

Malgré les précédents historiques, les avertissements d’experts et les modèles de risque, les gouvernements et les institutions échouent systématiquement à prédire ou à se préparer à de grandes crises mondiales. La pandémie COVID-19 est un exemple frappant.

1 Notre propre mortalité

Le blind spot ultime dans la prédiction humaine est la mort. Bien que nous acceptions intellectuellement que nous mourrons, nous agissons souvent comme si cela n’arrivait qu’aux autres. Cette négation façonne tout, de la planification financière aux soins de fin de vie.

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