10 façons dont la culture islandaise rend les autres pays ennuyeux
Dans l’océan Atlantique Nord, entre le Groenland et l’Irlande, se trouve une petite île. Le pays d’Islande est d’une beauté médiévale et une culture unique y réside. En effet, les habitants font des choses que l’on ne voit nulle part ailleurs dans le monde. Des routes adaptées pour plaire aux fées, des funérailles pour les glaciers, et le lancement de macareux (ce n’est pas aussi horrible qu’il y paraît), voici dix raisons pour lesquelles l’Islande est plus cool que son nom ne le laisse supposer.
Sommaire
10 Comment faire un Ísbíltúr
Dans la plupart des autres pays, prendre une glace n’est pas ancré dans la culture nationale comme une pratique de pleine conscience. Mais depuis aussi longtemps que la plupart des Islandais s’en souviennent, ils se lancent dans un Ísbíltúr, ou un road trip pour déguster une glace. Dans le même esprit que le hygge, de nombreux Islandais se rendent dans une boutique pour profiter d’un plaisir lacté dans un moment de détente intentionnelle.
La glace peut être savourée sur place ou au retour. Quoi qu’il en soit, autant un parfum préféré soit savoureux, l’objectif de l’Ísbíltúr est de savourer l’anticipation et le voyage plus que le dessert lui-même. L’Ísbíltúr n’est pas limité à l’hiver, bien au contraire. Les Islandais montent dans leur voiture pour profiter d’une douceur spontanée, qu’il neige, qu’il vente ou qu’il fasse jour à minuit pendant l’été.
Certaines familles suivent même des « itinéraires » personnels transmis de génération en génération, visitant les mêmes boutiques chéries d’année en année.
9 Inondation de livres de Noël
La culture de la lecture en Islande est bien ancrée. Des récits de sagas anciennes ont réconforté les familles à travers les épreuves, y compris une colonisation danoise brutale et le Petit Âge Glaciaire, un événement de refroidissement catastrophique ayant causé famines et déclin démographique. Au Moyen Âge, les pauvres agriculteurs travaillaient à l’intérieur la nuit pendant qu’un membre de la famille lisait des histoires à voix haute.
Aujourd’hui, de nombreux Islandais participent au Jólabókaflóð, ou l’« inondation de livres de Noël ». En octobre, les éditeurs publient de nouveaux titres pour la saison festive, et les gens s’échangent des livres en guise de cadeaux. La tradition a également des racines dans la Seconde Guerre mondiale, lorsque l’Islande a fait face à de strictes pénuries. Les importations de papier, en revanche, étaient abondantes, et les livres islandais sont devenus des favoris en temps de guerre.
Le Jólabókaflóð est un moteur majeur pour l’industrie de l’édition en Islande, contribuant à soutenir la scène littéraire dynamique du pays. Comme de nombreux livres sont imprimés en islandais, la tradition joue aussi un rôle important dans la préservation de la langue ancienne de l’île. De nombreux ménages célèbrent les fêtes en restant chez eux la veille de Noël, en buvant du chocolat chaud et en lisant tard dans la nuit.
8 Lancer de macareux
L’île Vestmannaeyjar en Islande abrite la plus grande colonie de macareux en Europe. Ces petits oiseaux marins, ressemblant à des perroquets, nichent en grand nombre le long des falaises, et chaque année, les Islandais font quelque chose que les étrangers pourraient considérer comme alarmant : ils jettent des bébés macareux par-dessus les falaises.
Aussi mauvais que cela puisse paraître, le fait de lancer un poussin dans les airs les aide réellement. Lorsqu’un macareux est suffisamment âgé, il utilise la Lune comme guide pour naviguer vers la mer, où il passera les prochaines années. Cependant, les lumières de la ville peuvent les tromper, les poussins se retrouvant à atterrir sur les toits, les routes et dans les villages de pêcheurs.
Les Islandais récupèrent les oiseaux égarés, leur permettent de se reposer pendant la nuit, puis les relâchent sur le côté sud de l’île, où ils peuvent rejoindre en toute sécurité des centaines d’autres macareux. Cet événement fait partie d’un effort communautaire annuel connu sous le nom de « patrouille des poussins », où enfants, familles et bénévoles parcourent les rues avec des cartons pour secourir des poussins perdus pendant leur période de vol.
7 Maisons de tourbe
Les maisons de tourbe islandaises ressemblent à quelque chose tout droit sorti d’un livre pour enfants. Ce sont des maisons de style cottage douillettes, mais une caractéristique leur confère un air magique : un tapis d’herbe vivante recouvre leurs murs et leurs toits. Au lieu de paille séchée, l’herbe pousse sur des dalles de tourbe marécageuse d’une épaisseur pouvant atteindre 10 cm.
Des preuves montrent que les Islandais construisent des structures en tourbe depuis plus de mille ans, principalement en raison de l’absence de bois en abondance sur l’île. En réalité, recouvrir une maison de tourbe vivante est un excellent isolant. Les résidents continuent d’utiliser la tourbe dans la construction moderne pour renforcer les maisons en bois ou en pierre, les gardant au chaud dans un climat rigoureux.
Ces maisons nécessitent un entretien, avec un renforcement nécessaire tous les 25 ans environ. Pourtant, certaines maisons de tourbe sont restées intactes pendant jusqu’à 70 ans sans rénovation. Quelques exemples préservés, y compris des fermes traditionnelles, ont même été convertis en musées pour montrer aux visiteurs comment les Islandais vivaient il y a des siècles.
6 Premier au Global Peace Index
Chaque année, le Global Peace Index révèle les pays les plus pacifiques au monde. Ce classement est compilé par l’Institut pour l’économie et la paix (IEP), qui évalue les nations en fonction de leur niveau de militarisation, de sécurité sociale et des degrés de conflit domestique et international.
Selon l’IEP, la paix mondiale a considérablement diminué au cours des 20 dernières années. Dans de nombreux rapports récents, l’Ukraine et la Russie se sont classées parmi les pays les plus violents du monde. Mais dans un contexte d’instabilité mondiale, l’Islande continue de préserver sa paix. Depuis des années, elle est nommée le pays le plus pacifique de la planète.
Cette prouesse est impressionnante, sachant que l’Islande n’a ni armée de terre, ni flotte, ni force aérienne—juste une garde côtière. Les taux de criminalité sont bas, la confiance dans les institutions est élevée et le bien-être social est solide. Même les policiers islandais portent rarement des armes à feu. Associée à des indices de bonheur élevés et à une forte valeur communautaire, l’île est constamment classée parmi les sociétés les plus stables au monde.
5 L’Islande a réécrit Dracula (mieux)
Bram Stoker a publié son célèbre roman d’horreur gothique Dracula en 1897. Quelques années plus tard, Valdimar Ásmundsson traduisit le livre en islandais. Sous le titre Makt Myrkranna, ou « Pouvoirs des ténèbres », le roman est devenu un succès local et est resté publié depuis.
L’existence de Makt Myrkranna était connue des chercheurs, mais peu savaient à quel point il était différent. En 2014, l’historien Hans Corneel de Roos examina le texte et découvrit qu’il ne s’agissait pas simplement d’une traduction—c’était pratiquement un nouveau roman. La version islandaise utilisait des noms de personnages différents, présentait un rythme plus rapide et était beaucoup plus scandaleuse que l’original de Stoker.
Certaines personnes pensent qu’Ásmundsson avait peut-être eu accès à des brouillons précoces de Dracula, ou que Stoker lui avait donné une liberté créative inhabituelle. Quoi qu’il en soit, les lecteurs louent souvent la version islandaise pour son écriture plus percutante et sa structure narrative plus serrée. Elle a depuis été retraduite en anglais, offrant aux lecteurs modernes un aperçu de ce classique alternatif de vampires.
4 Une application anti-dating
La population islandaise est aujourd’hui d’environ 380 000 personnes, et la plupart sont éloignées parentées. Cela peut compliquer les rencontres. De nombreux Islandais ont entendu des histoires de quelqu’un rencontrant par inadvertance un partenaire romantique lors d’une réunion de famille.
Pour éviter de telles situations gênantes, le pays a lancé une application unique appelée « L’Application des Islandais ». En approchant leurs téléphones, les utilisateurs peuvent vérifier s’ils partagent un lien familial proche. Si c’est le cas, l’application envoie une alerte.
L’outil a été développé par trois étudiants de l’Université d’Islande dans le cadre d’une compétition explorant de nouvelles utilisations de l’Íslendingabók, ou « Livre des Islandais »—une vaste base de données généalogique remontant à 1 200 ans. Les dossiers approfondis du pays sont si détaillés que les Islandais sont souvent classés par ordre alphabétique par prénom plutôt que par un nom de famille partagé.
3 Un système de noms unique
Dans la plupart des pays, nommer un bébé est simple : l’enfant reçoit un prénom et un nom de famille. En Islande, cependant, un nom de famille ne se transmet que rarement. Au lieu de cela, le nom de famille d’un enfant est dérivé du prénom d’un parent, avec « -son » ou « -dóttir », signifiant « fils de » ou « fille de ». Cela donne lieu à chaque génération à un nouvel ensemble de noms de famille plutôt qu’à un nom de famille hérité.
Un autre aspect unique de la tradition de dénomination islandaise, remontant à l’époque viking, est le Comité des noms. Ce conseil approuve ou rejette les nouveaux prénoms en fonction de la grammaire, de l’orthographe et des règles culturelles islandaises. Il veille à ce que les noms s’inscrivent dans la structure de la langue et restent compatibles avec l’identité islandaise.
Les Islandais sont également classés par leurs prénoms dans les annuaires téléphoniques, les listes scolaires et les répertoires gouvernementaux. Ce système de dénomination est si ancré que l’utilisation de noms de famille peut parfois sembler étrangère aux locaux.
2 Croyance aux elfes
L’Islande possède des glaciers, des fjords, des cascades, des champs volcaniques et d’énormes lagunes remplies d’icebergs—un paysage qui appelle presque au folklore. Dès l’an 1000 de notre ère, les poèmes de l’époque viking mentionnaient des elfes et des gens cachés, et de manière remarquable, certains Islandais continuent d’y croire aujourd’hui.
Des enquêtes modernes ont révélé que trois pour cent de la population affirme avoir rencontré des elfes. Huit pour cent y croient fermement, tandis que 54 pour cent ne nient pas que les fées pourraient exister. Cela fait de la croyance aux gens cachés une idée étonnamment répandue.
Ce phénomène influence même la construction. Certains ouvriers évitent les zones où l’on pense que vivent les elfes, menant à des routes déviées, des allées courbes et des maisons aux murs de forme étrange. Pour les projets majeurs, un voyant peut être engagé pour communiquer avec les gens cachés avant que les travaux ne commencent. Même pris à la légère, cette coutume rappelle le profond respect des Islandais pour leur terre et leurs traditions.
1 Un glacier a eu des funérailles
En 1901, le glacier Okjökull en Islande couvrait environ 15 miles carrés (38 km²). En 2014, le glacier avait complètement disparu, ne laissant qu’un volcan dépourvu de glace. La plupart des pays auraient haussé les épaules et seraient passés à autre chose—mais les chercheurs et les cinéastes islandais ont fait quelque chose de différent.
En 2019, ils ont organisé des funérailles pour le glacier perdu, avec une plaque commémorative et un « certificat de décès » officiel. La cérémonie a attiré de grandes personnalités, dont Mary Robinson, ancienne Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, et la Première ministre islandaise Katrín Jakobsdóttir.
La plaque marque Okjökull comme le premier glacier islandais à avoir perdu son statut de glacier. Elle avertit également que tous les glaciers d’Islande pourraient disparaître dans 200 ans si le changement climatique continue à son rythme actuel. Depuis son installation, le site est devenu un symbole de la responsabilité environnementale—et un appel pour les générations futures à protéger ce qui reste.




